Nous ne sommes pas égaux face à l’erreur. Certains trouveront en elle une opportunité de rebondir, de s’améliorer lors d’une prochaine tentative. Certains au contraire la vivront comme un échec personnel et se jugeront à coup de « je suis trop nul(le) ». D’autres enfin refuseront d’agir, ne voulant pas prendre le risque d’échouer.

De l’audace toujours de l’audace

63% des personnes regrettent des choses qu’elles n’ont pas tentées, alors que seulement 37% regrettent des actions réellement tentées, même ratées.

Mieux vaut prendre le risque d’échouer que de ne rien faire. La vie est pleine d’incertitudes, mais ne pas agir est à coup sûr la solution la moins efficace.

Vous en doutez encore ? Alors faisons un peu de mathématiques :

  • Un choix comporte une part d’erreur. Si c’est un choix basique (oui ou non par exemple), vous avez une chance sur deux de vous tromper. 50/50
  • Une indécision ne comporte pas de marge d’erreur. Ne pas faire de choix sera à coup sûr une erreur. 0/100

Exemple : si un élève répond à une question, il a une chance sur deux de se tromper. S’il ne répond pas à la question il aura à coups sûr un zéro pointé.

De l’erreur à la prédiction

Il existe trois types d’erreurs :

  • L’erreur attendue : le résultat est supérieur aux attentes. C’est un moindre mal, nous remettons du cœur à l’action corrective.
  • L’erreur conforme aux attentes. Ce n’est pas étonnant, un peu de recul est nécessaire.
  • Le résultat inférieur aux attentes. C’est la consternation et le doute s’installe.

Les deux premiers mobiliseront votre attention alors que le dernier aura tendance à vous démobiliser, à vous démotiver.

Pourquoi ? Parce que c’est l’erreur de prédiction qui s’imprime en nous (neurones) et qui influe sur notre comportement. Parfois elle peut s’accompagner d’une attente personnelle trop élevée ne pouvant nous conduire qu’à l’échec.

Entraîné dans une spirale de surenchère toxique le perfectionniste se fixe des objectifs irréalistes.

Entraîné dans une spirale de la confiance aveugle en ses capacités, leffet Dunning-­Kruger pourra amener les moins performants à se surestimer.

La spirale de l’erreur

Ces neurones de l’erreur sont donc censés nous aider à progresser mais…

51% du temps nous persistons dans l’erreur après nous être trompés une première fois, parce que nous avons tendance à surestimer la valeur d’une action que nous avons choisie. Ce « biais de choix » est un obstacle à l’apprentissage à partir des erreurs.

Les émotions affectent notre choix.

En 1956, le psychologue Jack Brehm a découvert que lorsque nous sommes contraints de choisir entre deux plats, deux voitures ou deux partenaires équivalents, le choix déclenche une réévaluation inconsciente de nos valeurs. Celui que nous avons choisi prend de la valeur tandis que celui rejeté en perd.

Ce principe peut s’appliquer à l’erreur. En effet, la référence créée par le choix initial nous incite une fois sur deux à refaire le même choix erroné (erreur de persistance).

La prochaine fois que vous faites une erreur et que vous avez tendance à vous culpabiliser, dites-vous que c’est une partie de vous qui a échoué. Car on ne peut pas être bons partout mais à l’inverse on ne peut pas être bon nulle part.

De la bienveillance à la coopération

Il est donc très difficile d’apprendre par soi-même de ses erreurs.

Ce constat devrait nous amener à être plus indulgent vis-à-vis de l’erreur et à accompagner plutôt que de sanctionner l’erreur. L’évaluation par les pairs est à ce stade un outil d’évaluation et d’accompagnement efficace et formateur. En effet, apprendre des erreurs des autres à travers l’action et l’observation serait beaucoup plus efficace.

L’estime de soi comme préalable

Il faut rappeler que l’estime de soi se construit sur trois piliers :

  • Se sentir confiant et performant,
  • Se sentir aimé,
  • S’accorder des valeurs, des qualités.

La pression sociale, les nécessités peuvent nous entraîner dans une spirale de l’échec :

  • Se sentir redevable,
  • Ressentir le besoin d’acceptation,
  • Faire face à l’urgence.

Dans des cas extrêmes la terreur de l’erreur peut devenir une source de paralysie, d’indécision ou de procrastination.

Savoir dire non et utiliser l’assertivité : sont des outils efficaces pour prendre soin de son estime.

L’action vs l’inaction

N’en déplaise aux stoïciens, la sagesse est souvent dans l’action car elle permet à autrui de suivre les pas des anciens.

L’inaction des bons est aussi nocive que les actions des mauvais (Martin Luther-King).

Tout comme l’enfant apprend à marcher, l’adulte apprend à échouer pour évoluer et innover.

Alors passez à l’action et apprenez de vos erreurs !

« Comment apprendre des erreurs des autres » Meunier et Montardini