Nous sommes éduqué(e)s à penser de façon binaire : vrai-faux, oui-non, gentil-méchant…

Nos systèmes économiques, scientifiques, industriels ont nécessité de la spécialisation et la division des tâches.

Or, nous savons depuis longtemps que le tout est autre chose (ou plus) que la somme des parties : deux atomes d’hydrogène + deux atomes d’oxygène ont des caractéristiques aqueuses que n’ont pas ces atomes séparément par exemple.

Dans bon nombre de domaines, nous ne pouvons que constater que cette division ne fonctionne plus :

  • La division du travail :  Le taylorisme ne garantit plus l’atteinte des meilleures performances,
  • La division scientifique : Les neurosciences regroupent toutes les sciences nécessaires à l’étude de l’anatomie et du fonctionnement du système nerveux. Mais au delà, scientifiques, philosophes, historiens,… travaillent ensemble sur des projets étudiés séparément auparavant (Laboratoire Espace Cerveau).
  • La division corps-esprit : Longtemps ravalé au rang de machine (psychanalyse, médecine « moderne »,…), l’union corps-esprit retrouve ses lettres de noblesses à travers les thérapies psychocorporelles et les pratiques méditatives.

La pensée analytique a donc pris une part prépondérante dans nos sociétés occidentales.

Nous prenons 5000 décisions par jour :

Elles sont basées sur 4 type de gouvernance :

  • La gouvernance instinctive : permet de se reproduire et d’être. Elle engendre selon le cas la fuite, la lutte, l’inhibition.
  • La gouvernance grégaire (dominance/soumission)
  • La gouvernance émotionnelle : elle emmagasine nos compétences. Elle permet de prendre des décisions rapides dans un environnement connu.
  • La gouvernance adaptative : cette capacité à aborder l’inconnu.

Deux modes mentaux :

Le mode automatique. Il s’appuie sur la routine, la persévérance, la simplification, les certitudes, l’empirisme et l’image sociale. Il est efficace dans un environnement connu, maîtrisé, mais face à l’inconnu, il n’est pas adapté.

Le mode adaptatif : Il s’appuie sur la curiosité, la souplesse, la nuance, la relativité, la réflexion logique, l’opinion personnelle.

Nous basculons d’un mode mental à l’autre.

Comment définir l’intuition ?

L’intuition n’est pas l’instinct. L’intuition est définie comme : l’instantané, l’impression basée sur l’expérience de la cohérence provoquée par des indices environnementaux (ressentis, impressions,…).  Il s’agit pour une bonne part d’informations sensorielles captées par notre cerveau mais qui ne parviennent pas à notre conscience

Extrait de l’article de Sciences et Avenir du 31 janvier 2016 :

Pour Daniel Goleman, psychologue américain auteur de L’Intelligence émotionnelle, nous aurions deux « routes » cérébrales, la « route haute » qui passe par des systèmes neuraux travaillant « étape par étape et non sans effort », et la « route basse », « un circuit qui opère à notre insu, automatiquement et sans effort, à une vitesse incroyable ». Celle-ci emprunte des circuits neuraux qui traversent le tronc cérébral, l’amygdale et d’autres structures automatiques d’importance majeure telles que le cortex cingulaire antérieur, le cortex ventromédian et le cortex orbitofrontal. Elle permet à l’individu de se faire en un éclair une opinion sur une situation donnée, ce qu’on appelle communément la « première impression ». « L’intuition est une forme d’intelligence qui s’adapte très vite à un environnement mouvant (Christophe Haag, chercheur en psychologie sociale à l’EMLyon)….

« Il n’y a pas d’intuition absolue,  reconnaît Christophe Haag. Mais les études s’accordent à dire que dans une situation critique, la prise de décision sur des bases intuitives est plus fiable que la prise de décision rationnelle, analytique. »

Neuf décisions sur dix sont prises sur une base intuitive ! estime le psychologue américain Gary Klein, pionnier dans les études sur les mécanismes de prise de décision. …

Les plus intuitifs sont ceux qui ont le mieux développé leurs qualités sensorielles. L’émotion vient des sens, elle est essentielle dans la capacité intuitive. » Une affirmation qui entre en résonance avec ce que constate le psychanalyste Moussa Nabati. « Si l’on cesse d’être branché sur soi, si l’on entre véritablement en empathie avec l’autre, alors on peut sentir, pressentir des choses, des événements qui ne sont pas la projection de nos peurs, désirs ou angoisses. » (psychologie magazine)

53,6 % des chefs d’entreprise admettent prendre leurs décisions à l’instinct ou à l’intuition.

Il semble donc que la décision basée sur l’intuition soit plus pertinente dans un environnement complexe, peu connu et nécessitant une prise de décision rapide.

Cependant, la posture est primordiale : l’autonomie, l’initiative, l’esprit critique entre autre.

A suivre :