La métacognition est un processus mental englobant la perception, la mémoire et le raisonnement, essentiel pour la réussite personnelle et professionnelle. Elle se manifeste à travers des questions introspectives sur la véracité des pensées, la satisfaction des résultats obtenus, et la nécessité de persévérer ou réévaluer les objectifs fixés. Elle est influencée par des facteurs internes, comme le doute de soi, et externes, comme la perception de la difficulté des tâches ou la qualité de l’enseignement.

La métacognition est une activité mentale qui mobilise un ensemble de processus :

  • la perception,
  • la mémoire,
  • le raisonnement.

Penser c’est avant tout se fixer un but et se poser certaines questions :

  • suis-je dans le vrai ou dans le faux ?
  • suis-je parvenu à un résultat satisfaisant ?
  • dois-je persévérer dans mes efforts ?
  • l’enjeu est-il à la hauteur de mes ambitions ?

La pensée est aussi bien interne (innée) qu’externe (représentation d’objets ou de symboles) :

  • Une personne qui doute trop d’elle aura tendance à abandonner en se disant que ce n’est pas pour elle, qu’elle n’est pas faite pour cette discipline, que l’apprentissage n’y fera rien (facteur interne).
  • Une personne ayant trop confiance en elle aura tendance à baisser les bras si le résultat obtenu est différent du résultat escompté. Elle considérera que l’exercice était trop difficile, que l’enseignant n’était pas assez bon (facteur externe).

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Qu’est-ce que la métacognition ?

C’est le contrôle et le suivi de nos actions cognitives. C’est le regard porté sur ce qui se trouve au delà de la pensée. Elle est en quelque sorte la pensée sur la pensée.

L’action cognitive est ici définie comme un but attentionnel et le chemin à parcourir pour l’atteindre.

La métacognition, ou la réflexion sur la pensée elle-même, est un ensemble complexe de processus mentaux qui englobe la perception, la mémoire et le raisonnement. Elle joue un rôle crucial dans l’apprentissage et la réussite personnelle et professionnelle, permettant une introspection sur la validité des pensées, la satisfaction des résultats et l’évaluation des efforts par rapport aux ambitions.

Processus prédictifs et rétrospectifs : La métacognition fonctionne de manière prédictive, en anticipant les résultats attendus d’une tâche, et de manière rétrospective, en critiquant les résultats obtenus pour s’assurer qu’ils correspondent aux attentes. Cela permet aux individus de planifier leurs actions et d’ajuster leurs stratégies en fonction des feedbacks.

Métacognition déclarative et exécutive : La métacognition se décline en deux formes principales. La métacognition déclarative concerne la connaissance de soi, la compréhension des tâches et la conscience des stratégies d’apprentissage personnelles. La métacognition exécutive, quant à elle, implique le contrôle, la régulation et la planification des activités cognitives, telles que la gestion du temps et la sélection des techniques de résolution de problèmes.

La métacognition est en résumé :

  • prédictive : elle annonce à l’avance un événement, un résultat attendu,
  • rétrospective : elle critique le résultat pour vérifier qu’il soit conforme au résultat attendu.

Elle est aussi :

  • Déclarative : elle se réfère :
    • aux personnes et à leur connaissance, à leurs habitudes d’apprentissages et à leur mode de pensée,
    • au savoir sur les tâches : tient à disposition des informations sur les types de tâches et leurs différents degrés de difficulté,
    • aux stratégies : possibilités d’application et de prestation des procédures connues par l’individu.
  • Exécutive à travers trois processus :
    • le contrôle,
    • la régulation,
    • la planification.

Dans un processus d’apprentissage, par exemple :

Ceci implique de définir clairement les objectifs d’apprentissage à atteindre, les étapes à franchir pour y arriver, les volumes de tâches à accomplir et de choisir le matériel didactique approprié.

Il permettra d’évaluer :

  • les niveaux de performance,
  • les points de blocage,
  • la pertinence du matériel utilisé.

Le travail de métacognition peut être facilité par :

  • l’entraînement avec un partenaire, facilitant la concentration,
  • la résolution de problèmes par démarche coopérative, facilitant la mobilisation,
  • la variation de la qualité de la solution, facilitant l’esprit d’analyse,
  • la production de commentaires, facilitant l’esprit critique,
  • la technique d’auto-questionnement, facilitant le feedback rapide,
  • le journal d’apprentissage, facilitant l’introspection.

La métacognition a pour mission de :

  • permettre à la réflexion de se remémorer les processus lui étant affectés et de les prendre consciemment en considération,
  • de les parcourir explicitement, afin de vérifier, si toutes les informations contenues dans cette tâche ou dans le problème ont bien été recueillies. Dans l’affirmative, la métacognition demande un examen critique permettant d’examiner les critères pris en considération pour arriver à un résultat considéré comme juste.

L’information prédictive fait partie des mécanismes de la pensée. En effet, elle fait appel à un certain nombre de mécanismes : statistiques, probabilités, etc.

 

Exemples d’activités

Pour développer la métacognition, les enseignants peuvent intégrer des activités telles que les jeux de rôle pour pratiquer le positionnement stratégique ou l’auto-évaluation pour encourager la réflexion sur les propres processus d’apprentissage des élèves. Les journaux d’apprentissage et les partenariats d’entraînement sont des outils puissants pour approfondir l’auto-réflexion et le feedback.

Rôle de l’enseignant : L’enseignant joue un rôle clé dans le développement de la métacognition des apprenants en guidant la réflexion, en posant des questions stimulantes et en fournissant des retours constructifs. Il est essentiel d’encourager les élèves à reconnaître leurs propres progrès et défis, et à ajuster leurs stratégies d’apprentissage en conséquence.

Impact sur la réussite des projets : La métacognition est essentielle à la gestion de projet, aidant à identifier et à combler les écarts de connaissances, d’alignement et de résultats. Elle permet une meilleure communication et transmission d’instructions claires, essentielles pour atteindre les objectifs fixés. Elle encourage également l’autonomie d’action et une meilleure adaptation face aux imprévus, conduisant ainsi à une performance améliorée.

Confiance en soi

Le manque ou l’excès de confiance en soi ont donc un effet important sur la métacognition (voir l’effet Dunning-Kruger). L’enseignant, le formateur ont donc une rôle prépondérant.

Le parcours éducatif doit permettre à l’apprenant d’accéder à 6 compétences fondamentales :

  1. savoir observer,
  2. savoir être attentif,
  3. savoir gérer ses émotions,
  4. savoir utiliser ses mémoires,
  5. savoir raisonner,
  6. comprendre et apprendre.

A lire : http://www.cahiers-pedagogiques.com/Metacognition-et-reussite-des-eleves

Le Design au service de la cognition

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Source : https://www.researchgate.net/figure/Serious-game-design-elements_fig4_275583904

Ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas

L’écart de connaissances

Il y a très souvent un écart entre ce que l’on devrait savoir pour mener à bien un projet et ce que l’on sait vraiment.

La communication et l’information doivent permettre de combler cet écart.

Fixer un cap peut permettre d’impliquer plus fortement l’ensemble de l’équipe. Charge à chacun de s’engager pour une meilleure maîtrise et une connaissance accrue des éléments ou compétences nécessaires.

Les écarts d’alignement

Il y a très souvent des écarts entre ce que le manager et les employés devraient réaliser pour mener à bien le projet.

La transmission d’instructions claires et comprises doit permettre le limiter ces écarts.

Partager ce cap avec l’équipe doit permettre de les impliquer.

L’écart de résultats

Il y a très souvent un écart entre les objectifs que nous sommes fixés et le résultat obtenu (l’impact réel).

Des outils d’évaluation et de contrôle doivent permettre de mesurer ces écarts tout au long du parcours.

Donner une autonomie d’action peut permettre d’obtenir un meilleur résultat.

Conclusion

Nous avons tenté de mettre en évidence l’importance d’une approche métacognitive équilibrée, où ni le manque ni l’excès de confiance ne doivent interférer avec la capacité de jugement. En développant six compétences fondamentales – observation, attention, gestion des émotions, utilisation de la mémoire, raisonnement, compréhension et apprentissage – les individus peuvent améliorer significativement leur métacognition.

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